bna-contexte
Pour la septième année de suite, l'Université de Montréal enregistrera en 2009-2010 un déficit courant. En cinq ans, la dette de l’UdeM aura triplé malgré un effort de rationalisation des dépenses qui, depuis 2005, se chiffre à 33 M$. Notre déficit accumulé est aujourd’hui le plus lourd de toutes les universités québécoises.
Comme dans toute situation déficitaire, la cause est en soi simple à nommer : un excédent des dépenses sur les revenus. Toutes sources confondues, nos revenus n’augmenteront cette année que de 1,8 % par rapport à l’an dernier, alors que nos coûts de système (salaires, chauffage, entretien, etc.) croîtront, eux, au rythme de 4 %. Sur un budget de 600 M$, le différentiel – autour de 2 % – se chiffre à plus de 10 M$.
Aux coûts de système, il faut ajouter les dépenses extraordinaires engendrées par la crise financière – notamment la hausse des cotisations au Régime de retraite – et les intérêts que nous devons payer sur une dette croissante, soit 2 % du budget total de fonctionnement.
Le budget adopté en mai dernier comprend une série de mesures exceptionnelles pour réduire nos dépenses, de l’ordre de 7 M$. Le budget propose entre autres un moratoire, en vigueur jusqu’au 1er janvier prochain, sur l’embauche du personnel enseignant et du personnel administratif et de soutien (personnel régulier à temps plein) et une réduction du personnel surnuméraire à temps plein. En dépit de ces mesures, l’Université enregistrera un déficit de près de 15 M$.
Comment sortir de l’impasse? En l’absence d’une éventuelle hausse de revenus, l’Université devra se résoudre à diminuer ses dépenses. Mais la marge de manœuvre dont elle dispose est extrêmement étroite. Les frais d’exploitation et d’intérêts, ainsi que les coûts de main-d’œuvre pour les postes permanents constituent des dépenses en pratique incompressibles.
Sans une intervention vigoureuse aussi bien interne qu’externe, le retour à l’équilibre budgétaire demeurera improbable. Des décisions devront être prises et les sacrifices qui les accompagneront auront inévitablement des répercussions sur le fonctionnement global de l’Université.
De là l’importance de mettre toutes les cartes sur table et de jouer la transparence dans les choix que notre communauté sera appelée à faire.