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Université de Montréal

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Portrait de chercheur

Des cellules souches pour vaincre la leucémie

Julie Lessard

FACULTÉ DE MÉDECINE

Professeure au Département de pathologie et de biologie cellulaire

Chercheuse principale à l’Unité de recherche sur la structure de la chromatine et la biologie des cellules souches de l’IRIC

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique moléculaire de l’hématopoïèse des cellules souches

De manière globale, Julie Lessard cherche à comprendre les mécanismes du cancer. Mais, plus spécifiquement, ses recherches portent sur les cellules souches du sang. Dans son laboratoire à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC), elle a identifié un gène ‒ une « cible thérapeutique » ‒ le BRG1. « On a pu démontrer que ce gène est essentiel à la prolifération des cellules leucémiques et qu'en le retirant la leucémie s’éteint. L’intérêt de cibler le gène BRG1 est qu’il semble propre au cancer, c'est-à-dire qu’il ne joue aucun rôle auprès des cellules souches normales du sang. C’est très porteur, puisque cela nous permettrait de viser uniquement les cellules cancéreuses et de laisser les cellules saines tranquilles. »

Arrivée à l’IRIC en 2007 après des études postdoctorales à l’Université Stanford, Julie Lessard a été attirée par le concept très novateur de l’Institut. « On a non seulement la possibilité d’établir des partenariats avec les compagnies pharmaceutiques, mais nous disposons aussi des ressources humaines et de toute la technologie et des infrastructures nécessaires ici même, à l’interne : banques de composés chimiques, robots, animaleries, chimistes experts de la chimie médicinale, spécialistes de la propriété intellectuelle. De plus, les redevances perçues peuvent servir à démarrer des projets à haut risque et à fort impact, pour lesquels il est extrêmement difficile d’obtenir des subventions dans les toutes premières phases de développement. »

Les cellules souches du sang continuent-elles de vous étonner?

Absolument! On les connaît depuis les années 60, nous sommes bien outillés pour les étudier et les données à leur sujet sont très robustes. Il n’en demeure pas moins qu’elles ne sont présentes qu’en faible nombre dans la moelle osseuse et le sang de cordon ombilical. Elles sont aussi souvent en dormance et ne sont activées qu’au besoin, par des mécanismes que nous ne comprenons pas encore tout à fait.

Combien de temps doit-on compter entre une découverte et la commercialisation d’un médicament?

On parle souvent de 10 ans de recherche et développement… Il y a tellement d’étapes à franchir! Il faut identifier des molécules capables d’inhiber la cible thérapeutique, travailler avec les chimistes pour développer ces molécules, les tester sur des modèles cellulaires in vitro avant d’aller en essai préclinique pour se rendre un jour (on l’espère!) en essai clinique.

Qu’est-ce qui vous motive?

Avoir la possibilité de répondre aux questions qu’on se pose depuis si longtemps et de faire progresser la connaissance. On essaie toujours de ne pas perdre de vue le contexte de notre travail, de se rappeler que le but ultime est d’avoir une influence sur la santé de la population. Je dois dire aussi que je suis motivée par la formation des jeunes chercheurs qui travaillent avec nous. Les voir évoluer et acquérir tout un bagage de connaissances, c’est très gratifiant.